Répercussions des pénuries d’isotopes dans les hôpitaux et les centres de cancérologie
Comment s’expliquent les pénuries d’isotopes?
Les pénuries surviennent quand des circonstances imprévues entraînent la fermeture de réacteurs nucléaires de centrales comme celle de Chalk River, en Ontario, appartenant à Énergie atomique du Canada limitée (EACL). Le réacteur NRU peut, le cas échéant, être fermé pour un certain nombre de raisons : pannes d’électricité, fuites d’eau lourde, entretien systématique ou réparations plus sérieuses requises en raison de l’âge de l’équipement. Étant donné que cette centrale approvisionne plus de la moitié de la demande mondiale de la matière première utilisée dans les isotopes radioactifs médicaux nécessaires pour diagnostiquer le cancer et les maladies cardiovasculaires, les fermetures de réacteurs entraînent des répercussions graves pour les fournisseurs de soins de santé et les patients.
Comment utilise-t-on les isotopes en médecine?
Les isotopes médicaux sont utilisés de trois façons distinctes en médecine :
- Les isotopes radioactifs peuvent être injectés au patient et l’énergie qu’ils émettent peut être captée sur film. L’image qui en résulte est un outil de diagnostic important.
- Les rayons gamma émis par une source radioactive peuvent être dirigés sur une tumeur, détruisant les cellules cancéreuses.
- Les isotopes radioactifs peuvent être transformés en médicaments. Une fois injecté au patient, le médicament s’accumulera dans une certaine partie du corps, comme une tumeur. Les isotopes se désintègrent et dégagent de l’énergie qui détruit la tumeur.
Le réacteur NRU de Chalk River a produit suffisamment d’isotopes pour traiter plus de 76 000 personnes par jour, soit plus de 20 millions par année, à l’échelle mondiale.
Que font les hôpitaux et les centres de cancérologie pour réduire au minimum les répercussions des pénuries d’isotopes?
Malheureusement, certains patients au Canada, aux États-Unis et dans d’autres pays ont vu leurs traitements annulés ou reportés lorsque l’approvisionnement en isotopes ne peut s’effectuer temporairement. Les gestionnaires des Services de médecine nucléaire dans les hôpitaux et les centres de cancérologie canadiens doivent faire preuve de créativité dans la gestion de la situation afin de fournir aux patients l’accès à des traitements de remplacement et de réaffecter les tâches de leurs technologues en médecine nucléaire. Les établissements de santé et les entreprises pharmaceutiques qui distribuent le matériel collaborent afin de trouver des sources de remplacement des isotopes médicaux. Bien que certains traitements doivent être annulés et reportés pendant la fermeture occasionnelle des installations de Chalk River, des efforts sont déployés pour trouver d’autres sources d’approvisionnement en isotopes et pour utiliser d’autres méthodes diagnostiques et thérapeutiques qui satisfont aux besoins des patients. Dans certains milieux, les gestionnaires ont établi un processus visant à s’assurer que les patients en situation d’urgence ont accès à des procédures de médecine nucléaire d’urgence, afin que ceux qui en ont le plus besoin puissent encore subir leurs examens.
Pourquoi les établissements de santé ne planifient-ils pas à l’avance?
Les isotopes médicaux radioactifs ne peuvent être stockés pendant de longues périodes parce que leur durée de conservation est courte. Par conséquent, les isotopes médicaux doivent être injectés dans les heures ou les jours qui suivent leur production. Ainsi, les établissements de santé qui utilisent des isotopes médicaux ne peuvent pas les stocker d’avance pour se préparer à la pénurie.
Le gouvernement a-t-il pris des mesures pour venir en aide au milieu des soins de santé?
Énergie atomique du Canada limitée et la Commission canadienne de sûreté nucléaire ont pris des mesures pour renforcer leur partenariat et leur collaboration. Dès qu’il a été mis au courant des fermetures, le gouvernement du Canada a appliqué le protocole de notification précoce qui prévoit un avis aux utilisateurs d’isotopes sur les interruptions prolongées de l’approvisionnement en isotopes médicaux de la part d’ÉACL. Santé Canada oriente également les organismes de santé sur la planification d’urgence pendant des périodes d’interruption prolongée.
Quelles mesures l’ACTRM a-t-elle prises pour aborder cette question?
L’Association canadienne des technologues en radiation médicale (ACTRM), l’association professionnelle représentant les technologues en médecine nucléaire, s’engage à veiller à ce que les patients de tout le pays aient un accès raisonnable et opportun aux procédures d’imagerie et de thérapie. L’ACTRM se joint à d’autres organismes de santé pour encourager ÉACL et la CCSN à collaborer à la recherche de solutions à long terme en consultant des spécialistes, en élaborant un plan d’action pour éviter les pénuries à l’avenir et en communiquant ces renseignements à tous les intéressés.
L’ACTRM présente le point de vue des technologues aux délibérations du comité d’experts de Santé Canada. Elle maintient aussi le contact avec tous les intervenants clés, dont les producteurs d’énergie nucléaire et les organismes de réglementation nucléaire, les gouvernements, les fournisseurs et les distributeurs d’isotopes médicaux. L’ACTRM a recommandé que des plans d’urgence soient renforcés et demande des mesures de notification améliorées, une meilleure collaboration pendant l’entretien de l’équipement et l’établissement des sources de rechange de matières premières.
Que puis-je faire?
Étant donné que tous les patients sans exception sont des membres importants de l’équipe de soins de santé, l’ACTRM encourage les gens à exprimer leurs préoccupations. Vous pouvez communiquer avec votre député ou un membre du parlement provincial, le premier dirigeant de votre établissement de santé ou de votre région et vous pouvez écrire aux organisations suivantes qui participent directement à la production et à la réglementation des isotopes médicaux :
L’honorable Lisa Raitt, C.P., députée
Ministre des Ressources naturelles
Chambre des Communes
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6
L’honorable Leona Aglukkaq, C.P., députée
Ministre de la Santé
Chambre des communes
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6
Michael Ingram, vice-président principal, Opérations
Division du réacteur CANDU
Énergie atomique du Canada limitée
2251, Speakman Drive
Mississauga (Ontario)
Canada L5K 1B2
Michael Binder
Président et premier dirigeant
Commission canadienne de sûreté nucléaire
Siège social
280, rue Slater
C.P. 1046
Succursale postale B
Ottawa (Ontario)
K1P 5S9
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